Habituellement, nous employons les mots sans établir de liaison avec leur origine, nous privant ainsi de leur richesse.

En ce qui concerne les noms de pays ou de villes, le même phénomène se reproduit, et de nouveau, on ignore fréquemment la relation entre le Brésil et la « braise », l’Argentine et « l’argent », le « Vénézuela » et Venise, les îles Malouines avec Saint-Malo, le Maryland avec la soeur de Louis XIII, Québec avec un « détroit », l’Amazone avec un mascaret, etc.

Pour répondre à cette idée, nous vous proposons les « atlas étymologiques » de l’Amérique présentant tous les éléments géographiques, les mers, les montagnes, les rivières, les lacs, les pays, les états, les villes, non pas sous leurs noms habituels, mais sous un nom relatif à leur étymologie, permettant ainsi à chacun de rétablir cette relation perdue.

Des cartes originales sont ainsi proposées, accompagnées  de textes explicatifs, de photos pour agrémenter le voyage et évidemment des notes de référence sur lesquelles nous nous sommes appuyés pour développer ce travail.

Bonne lecture et bonnes découvertes !

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Le premier pays que nous pouvons évoquer en Amérique du Sud est celui qui rend hommage à Christophe Colomb: la Colombie. Toutefois, rappelons une fois de plus que la région était occupée auparavant par des Amérindiens, en particulier les peuples Taïnos et Arawaks.

Tout à côté, le Vénézuela a un nom lié au golfe de Maracaïbo au bord duquel les Amérindiens vivaient sans doute dans des maisons sur pilotis. En effet, lorsque les Européens, emmenés par l’Espagnol Alonso de Ojeda, et comptant sans doute parmi eux Amerigo Vespucci, y parvinrent en 1499, ils y virent une ressemblance avec la plus célèbre des cités lacustres européennes, Venise, et nommèrent ainsi cette terre “petite Venise”, Venezziola, Venezuela. L’année précédente, en 1498, Colomb avait bien accosté lors de son troisième voyage près de l’embouchure de l’Orénoque, nommant cette région Tierra de Gracia, mais cette appellation fut ensuite supplantée par celle évoquant la cité des Doges.

Avec l’Equateur, terme de même origine latine que “équivalent”,  “équidistant”, “équinoxial”, nous possédons un nom désignant la division en deux parties égales du jour et de la nuit. Toutefois, le premier Aequator mentionné représentait le partage en deux du ciel[1]. Le nom d’Equateur pour le pays, choisi en 1830 lors de la division de la Grande Colombie, est peut-être dûe à l’influence de la célèbre mission géodésique française menée par Louis Godin et Charles de la Condamine lors du siècle précédent[2]. C’est dans leurs travaux, en effet, que l’on trouve mentionné pour la première fois las tierras de Ecuador[3], alors que l’équateur terrestre traverse en fait de nombreux pays tout autour du monde, et même, comme au Brésil, sur de plus grandes distances.

                        

Le nom du Pérou est beaucoup plus discuté et proviendrait soit d’une rivière de la région appelée Virú[4], soit du propre mot représentant une “rivière” en quechua[5]. Toutefois, il existe encore de nombreuses autres hypothèses, en particulier celle d’un cacique nommé Birú.

Après la Colombie, la Bolivie est l’autre pays sud-américain à célébrer un homme. Dans ce cas, il s’agit de Simon Bolivar, né à la fin du XVIIIe siècle à Caracas, et qui, à partir de 1810, profitant de la fragilisation en Europe de la couronne espagnole confrontée à Napoléon, fut l’un des principaux leaders de la lutte pour l’émancipation des colonies espagnoles du sous-continent américain. Ces combattants sont depuis appelés “libérateurs”, libertadores en espagnol, expliquant que la Coupe de football des clubs en Amérique du Sud soit appelée de Copa Libertadores.

 

Il existe différentes origines proposées pour le nom de Chili. Les plus fréquemment retenues sont celles liées à l’idée de “froid”, à partir d’un terme quechua chire ou chile évoquant les “terres froides” pour les Incas[6], ou encore une “rivière froide” née des neiges des Andes. On trouve toutefois encore d’autres versions, reposant elles aussi sur une racine indigène, comme le nom d’un cacique, ou encore la flore de la région.

 

L’Argentine possède bien évidemment un nom lié à l’argent. C’est en reconnaissant ce métal précieux sur les ornements des indigènes que l’explorateur vénitien Sebastian Cabot décida de nommer, en 1526, la région de l’estuaire où il se trouvait de Rio de la Plata, c’est à dire “rivière de l’argent”[7]. A partir du XIXe siècle, au lieu du terme plata considéré comme commun, les habitants utilisèrent argento, reconnu comme plus poétique pour nommer leur pays. Finalement, malgré la dénomination de Sebastian Cabot, il n’existait pas de mines d’argent dans la région et les explorateurs espagnols durent ensuite s’enfoncer profondément dans le continent pour en découvrir.

Le nom de l’Uruguay compte un certain nombre d’explications possibles, entre lesquelles la principale est celle liée à un oiseau de la famille des cailles nommé urú par le peuple indien guarani. Comme le “y” en tupi-guarani signifie systématiquement “rivière” ou encore “eau”, et que gua est un élément de liaison, une traduction possible du nom du pays pourrait ainsi être la “rivière des cailles”. Toutefois, le terme pourrait aussi s’étendre à tous les oiseaux et le nom du pays représenter ainsi la “rivière des oiseaux”[8]. Il existe aussi des linguistes qui soutiennent qu’il s’agit de la “rivière des escargots”[9].

        

Le proche Paraguay fait partie, de son côté, des mots contenant l’élément tupi-guarani para désignant une “grande étendue d’eau”. Paraguay, Parana, Paramaribo, Paraiba, Para, on retrouve cet élément para dans la formation de nombreux toponymes en Amérique du Sud. Dans le cas du pays, avec les parties para mais aussi y, l’élément “eau” semble ainsi présent deux fois et pourrait représenter la “rivière grande comme la mer”, la “rivière donnant une mer”, la “grande rivière”, tout au moins.

Lorsque les Portugais explorèrent sur le continent américain la partie qui leur revenait selon le traité de Tordesillas établi en 1494 avec les Espagnols, ils remarquèrent rapidement un arbre au bois très rouge potentiellement utile pour faire des teintures, et similaire à un autre que les Européens importaient à l’époque d’Asie[10] et nommaient bracil, brazil, c’est à dire “couleur de braise”, “rouge”. C’est ainsi que ce nouvel arbre que les Portugais appelèrent pau-brasil, “arbre-brasil” donna ensuite ainsi le nom actuel de Brésil, finalement le pays de “l’arbre couleur de braise”, de “l’arbre rouge” !

  

Pour terminer, les Guyanes représentent les “terres abondantes en eaux” en langue arawak.

La Guyane française est encore un territoire français, tandis que l’ancienne Guyane anglaise est devenue le Guyana.

De son côté, la Guyane hollandaise a pris le nom de Surinam, en hommage au peuple “Surinen” vivant sur les rives du fleuve du même nom.